
Ce n'est que récemment que j'ai découvert l'émission "Extreme Makeover Home Edition" (EHME) diffusée sur ABC depuis 4 ans et qui s'apprête à aborder sa cinquième saison.
Je dois avouer avoir quelques préjugés sur les émissions de décoration à la télévision. En tant que téléspectateur, je ressens une certaine lassitude et peu d'intêret à voir au fil des semaines des maisons refaites du sous sol au plafond avec les mêmes couleurs, les mêmes objets et le même ravissement des propriétaires tout heureux de découvrir leur chaumière drapée d'un nouvel habit.
Quelle ne fut pas ma suprise lors du visionnage d' EHME. Si l'émission a pour cadre "l'amélioration" de la batisse, les producteurs ont eu l'idée pertinente de choisir soigneusement la famille afin d'inclure l'émotion dans le programme. Ici, l'émission propose à des familles dans le besoin ou ayant traversé une épreuve difficile de détruire littéralement la maison pour en reconstruire une nouvelle, symbole d'une deuxième chance.
A la différence de D&CO, chaque épisode est donc véritablement centré sur une famille et le drame qu'elle a dû surmonter. Drame motivant la contruction d'un nouveau foyer afin de reprendre les rênes de leur existence éprouvée.
Au programme : un père décédé d'un cancer qui caressait le rêve d'offrir une maison neuve à ses enfants, un infirmier militaire qui a perdu l'une de ses jambes au combat, un couple qui a 5 enfants autistes, une mère celibataire qui se bat au quotidien pour élever ses 3 enfants, etc....
Si à la lecture de ces situations, nous pourrions craindre qu' EMHE vire dans le pathétique et l'exhibitionnisme, il n'en est rien. Ceci grâce à un casting efficace concernant l'équipe des "bricoleurs" composée d'une dizaine de membres charismatiques qui encadre la famille et insuffle un vrai souffle et dynamisme pendant la construction de la maison.
La force d'EMHE est de concilier deux tendances: le retour de la notion de cocooning et le principe de la télévision solidarité. Les téléspectateurs évoluent dans une société de plus en plus concurrentielle, dure et individualiste. La conséquence est un repli sur soi en investissant justement davantage dans son chez soi afin de se protéger du monde extérieur. Paradoxalement, face à cette solitude, il ressort également un fort désir de communiquer, d'aller vers l'autre, de partager des émotions. Et c'est sur ce paradoxe qu'EMHE joue afin de créer une véritable empathie entre l'audience et la famille choisie.
Je pense que le principe de télévision solidarité (ou citoyenne) se développera en France où la société civile est une valeur qui se renforce au fil des années. Ce type d'émissions est particulièrement présente dans les pays anglos saxons, en particulier aux Etats Unis. Une mensuelle sur TF1 avec la tête de l'équipe Denis Brogniart me parait concevable.
Seul souci, l'important coût de production qu'il faudrait amortir avec une participation accrue de sponsors sans pour autant tomber dans la publicité clandestine.
En conclusion, Extreme Makeover Home Edition est le parfait d'exemple d'une émission qui a su capter l'air du temps et l'évolution de la société. D'où la nécessité pour un producteur d'être en permanence en veille. Une veille qui se doit d'être créative, économique et sociologique. Trois pilliers pour séduire le diffuseur et toucher sa cible en plein coeur.
Pour en savoir plus :
http://abc.go.com/primetime/xtremehome/
Je dois avouer avoir quelques préjugés sur les émissions de décoration à la télévision. En tant que téléspectateur, je ressens une certaine lassitude et peu d'intêret à voir au fil des semaines des maisons refaites du sous sol au plafond avec les mêmes couleurs, les mêmes objets et le même ravissement des propriétaires tout heureux de découvrir leur chaumière drapée d'un nouvel habit.
Quelle ne fut pas ma suprise lors du visionnage d' EHME. Si l'émission a pour cadre "l'amélioration" de la batisse, les producteurs ont eu l'idée pertinente de choisir soigneusement la famille afin d'inclure l'émotion dans le programme. Ici, l'émission propose à des familles dans le besoin ou ayant traversé une épreuve difficile de détruire littéralement la maison pour en reconstruire une nouvelle, symbole d'une deuxième chance.
A la différence de D&CO, chaque épisode est donc véritablement centré sur une famille et le drame qu'elle a dû surmonter. Drame motivant la contruction d'un nouveau foyer afin de reprendre les rênes de leur existence éprouvée.
Au programme : un père décédé d'un cancer qui caressait le rêve d'offrir une maison neuve à ses enfants, un infirmier militaire qui a perdu l'une de ses jambes au combat, un couple qui a 5 enfants autistes, une mère celibataire qui se bat au quotidien pour élever ses 3 enfants, etc....
Si à la lecture de ces situations, nous pourrions craindre qu' EMHE vire dans le pathétique et l'exhibitionnisme, il n'en est rien. Ceci grâce à un casting efficace concernant l'équipe des "bricoleurs" composée d'une dizaine de membres charismatiques qui encadre la famille et insuffle un vrai souffle et dynamisme pendant la construction de la maison.
La force d'EMHE est de concilier deux tendances: le retour de la notion de cocooning et le principe de la télévision solidarité. Les téléspectateurs évoluent dans une société de plus en plus concurrentielle, dure et individualiste. La conséquence est un repli sur soi en investissant justement davantage dans son chez soi afin de se protéger du monde extérieur. Paradoxalement, face à cette solitude, il ressort également un fort désir de communiquer, d'aller vers l'autre, de partager des émotions. Et c'est sur ce paradoxe qu'EMHE joue afin de créer une véritable empathie entre l'audience et la famille choisie.
Je pense que le principe de télévision solidarité (ou citoyenne) se développera en France où la société civile est une valeur qui se renforce au fil des années. Ce type d'émissions est particulièrement présente dans les pays anglos saxons, en particulier aux Etats Unis. Une mensuelle sur TF1 avec la tête de l'équipe Denis Brogniart me parait concevable.
Seul souci, l'important coût de production qu'il faudrait amortir avec une participation accrue de sponsors sans pour autant tomber dans la publicité clandestine.
En conclusion, Extreme Makeover Home Edition est le parfait d'exemple d'une émission qui a su capter l'air du temps et l'évolution de la société. D'où la nécessité pour un producteur d'être en permanence en veille. Une veille qui se doit d'être créative, économique et sociologique. Trois pilliers pour séduire le diffuseur et toucher sa cible en plein coeur.
Pour en savoir plus :
http://abc.go.com/primetime/xtremehome/
