dimanche 15 juillet 2007

Un concept inspiré.


Ce n'est que récemment que j'ai découvert l'émission "Extreme Makeover Home Edition" (EHME) diffusée sur ABC depuis 4 ans et qui s'apprête à aborder sa cinquième saison.

Je dois avouer avoir quelques préjugés sur les émissions de décoration à la télévision. En tant que téléspectateur, je ressens une certaine lassitude et peu d'intêret à voir au fil des semaines des maisons refaites du sous sol au plafond avec les mêmes couleurs, les mêmes objets et le même ravissement des propriétaires tout heureux de découvrir leur chaumière drapée d'un nouvel habit.

Quelle ne fut pas ma suprise lors du visionnage d' EHME. Si l'émission a pour cadre "l'amélioration" de la batisse, les producteurs ont eu l'idée pertinente de choisir soigneusement la famille afin d'inclure l'émotion dans le programme. Ici, l'émission propose à des familles dans le besoin ou ayant traversé une épreuve difficile de détruire littéralement la maison pour en reconstruire une nouvelle, symbole d'une deuxième chance.

A la différence de D&CO, chaque épisode est donc véritablement centré sur une famille et le drame qu'elle a dû surmonter. Drame motivant la contruction d'un nouveau foyer afin de reprendre les rênes de leur existence éprouvée.

Au programme : un père décédé d'un cancer qui caressait le rêve d'offrir une maison neuve à ses enfants, un infirmier militaire qui a perdu l'une de ses jambes au combat, un couple qui a 5 enfants autistes, une mère celibataire qui se bat au quotidien pour élever ses 3 enfants, etc....

Si à la lecture de ces situations, nous pourrions craindre qu' EMHE vire dans le pathétique et l'exhibitionnisme, il n'en est rien. Ceci grâce à un casting efficace concernant l'équipe des "bricoleurs" composée d'une dizaine de membres charismatiques qui encadre la famille et insuffle un vrai souffle et dynamisme pendant la construction de la maison.

La force d'EMHE est de concilier deux tendances: le retour de la notion de cocooning et le principe de la télévision solidarité. Les téléspectateurs évoluent dans une société de plus en plus concurrentielle, dure et individualiste. La conséquence est un repli sur soi en investissant justement davantage dans son chez soi afin de se protéger du monde extérieur. Paradoxalement, face à cette solitude, il ressort également un fort désir de communiquer, d'aller vers l'autre, de partager des émotions. Et c'est sur ce paradoxe qu'EMHE joue afin de créer une véritable empathie entre l'audience et la famille choisie.

Je pense que le principe de télévision solidarité (ou citoyenne) se développera en France où la société civile est une valeur qui se renforce au fil des années. Ce type d'émissions est particulièrement présente dans les pays anglos saxons, en particulier aux Etats Unis. Une mensuelle sur TF1 avec la tête de l'équipe Denis Brogniart me parait concevable.

Seul souci, l'important coût de production qu'il faudrait amortir avec une participation accrue de sponsors sans pour autant tomber dans la publicité clandestine.

En conclusion, Extreme Makeover Home Edition est le parfait d'exemple d'une émission qui a su capter l'air du temps et l'évolution de la société. D'où la nécessité pour un producteur d'être en permanence en veille. Une veille qui se doit d'être créative, économique et sociologique. Trois pilliers pour séduire le diffuseur et toucher sa cible en plein coeur.


Pour en savoir plus :
http://abc.go.com/primetime/xtremehome/


lundi 11 juin 2007

The Shield sur France 3...

Dans l'un de mes précédents articles, je mentionnais les difficultés de France Television à trouver un véritable public. L'annonce de la prochaine diffusion de l'excellente série "The Shield" sur France 3 à partir du 27 juin résume bien les errements d'une programmation chaotique et naviguant à vue. S'il fallait caractérisait l'audience de cette chaîne, nous pourrions affirmer que le téléspectateur type est plutôt âgé et rural. Depuis plusieurs années, France 3 tente de rajeunir son audience avec la diffusion du talk show de Marc Olivier Fogiel parti depuis sur M6, du soap quotidien "Plus Belle Vie", sans oublier l'émission culturel présenté par Fréderic Taddei. S'il est tout à fait légitime de voir France 3 adopter une stratégie de rajeunissement de son public, il est pour le moins surprenant de voir ce drama policier sur son antenne, même si sa diffusion sera en deuxième partie de soirée.

En quelques mots, "The Shield" relate les aventures de l'inspecteur Vic Mackey qui n'hésite pas à franchir la frontière de la déontologie pour mener à bien ses missions et protéger ses intérêts personnels. Le principal trait de cette série est sa violence omniprésente. Une violence physique et psychologique qui malmène les personnages et qui nous fait poser la question suivante lors du visionnage des épisodes: rendre la justice mérite-t-il de sacrifier la morale et la loi?

Autant vous l'avouer tout de suite, The Shield est à mes yeux, le chef d'œuvre télévisuel de ces dernières années. Les scénarios sont intelligents et riches en dramaturgies, les intrigues savamment rythmés avec un cliffhanger à chaque épisode, quant aux acteurs ils sont tout simplement monstrueux de crédibilité et d'humanité.

Malgré cette montagne de qualité, il aurait été beaucoup plus opportun de diffuser cette série sur le câble. France 4, avec sa ligne éditoriale, se prêtait davantage à cette acquisition et aurait pu mettre ce joyaux en valeur grâce notamment à une diffusion en VOST. Il serait temps que les directions des programmes des chaînes publiques sachent puiser dans leur catalogue avec une plus grande cohérence, une plus grande synergie entre les filiales et surtout une plus grande connaissance des programmes qu’ils achètent.

Dans ce cas précis, il faudrait leur mentionner que “the Shield” est diffusé sur la chaîne cablée FX, chaîne principalement à un public masculin, urbain, âgé entre 18 et 24 ans.

Acheter un programme est une chose, avoir la grille qui va avec en est une autre.

mardi 29 mai 2007

France Televisions, vers une privatisation?

Voici donc l’arlésienne du PAF. L’Etat a t il encore les moyens et la volonté de garder intact France Télévisions, cette holding de 5 chaînes? Il serait bien entendu imprudent et maladroit de trancher et de donner une réponse définitive à cette problématique qui relève à la fois de l’économique, du culturel et bien evidemment du politique. Car c’est l’Etat qui a en main les cartes de l’audiovisuel public et c’est lui seul qui peut décider d’ouvrir ou non le capital aux acteurs privés.

Toutefois, permettez moi de nourrir quelques pistes concernant cet enjeu de ces prochaines années. Ne ne nous voilons pas la face, France Télévisions a bien du mal à gérer la concurrence avec les chaînes privées. Tiraillée entre ses obligations contractuelles tel que la diffusion d’événements culturels et la perpétuelle chasse à l’audimat, la holding ne sait pas trop bien où trouver son identité et son public. Il en résulte une sorte de schizophrénie dans les grilles de programmes de France 2 et France 3 qui se veulent généraliste au sens propre. Une grille où l’élitisme cotoie le populaire, cocktail rarement gagnant aux vues des parts de marchés. En voulant toucher tous les publics, ces deux chaînes ne touchent en fait personne. Petit bémol cependant pour France 4 et France 5 qui ont su se forger une identité et une image de qualité en évoluant sur des “niches”. Preuve justement que déterminer une cible et une ligne éditoriale précise permet aux chaînes d’être dans une cohérence certaine.

A partir de ce constat, réfléchissons aux différents moyens pour combler les lacunes du groupe. A mes yeux, l’une des mesures adéquates serait une privatisation de France 3 et faire de France 2 une chaînes nationale avec des décrochages locaux pendant la journée, financés à 100% par la redevance, répondant à la mission de service publique et qui bénéficieraient de moyens importants grâce aux économies d’échelles entraînées par la privatisation. Une sorte de network à l’américaine où les antennes locales jouiraient d’une certaine autonomie dans leur production et l’achat de contenus, tout en ayant un cahier des charges commun. La redevance serait ainsi un impot de proximité et pourrait trouver enfin grâce aux yeux des téléspectateurs qui ne comprennent pas toujours son sens. D’autre part, ces antennes locales dynamiserait le tissu audiovisuel local et permettre l’essor de nouveaux partenaires privées. Les programmes nationaux seraient, eux, financés par la publicité et une partie de la redevance, et viserait clairement les ménagères de moins de 50 ans, dépendance du marché publicitaire oblige.

En quelque sorte, France 2 deviendrait le vaisseau amiral du groupe, une chaine de proximité visant les fameuses ménagères. Ce re-positionnement rendrait beaucoup plus clair le reste de l’offre publique. A France 4, le divertissement pour les jeunes urbains et à France 5, le monde de la science, de l’enseignement et de la découverte. Sans oublier RFO, auquel nous pourrions imaginer un partenariat avec un diffuseur privé comme Voyage ou Planete afin d’améliorer sa visibilité.

Bien sûr, cette mutation ne peut être qu’avec le soutien de l’Etat et surtout un management stable obéissant à une véritable gouvernance et transparence d’Entreprise. Mais cela, c’est une tout autre histoire...

dimanche 27 mai 2007

Quand le cinéma peut venir au secours de la fiction TV.

Produire un nouveau programme représente toujours un risque pour une chaîne de télévision. Aussi bien en terme d audience, financier et d’image vis à vis du public et des annonceurs.

Ce fameux risque, les chaînes françaises sont dans leur ensemble très frileuses à le prendre, par peur sans doute de l’échec et de l’accident industriel. Le résultat ne s’est fait pas attendre. Pendant des années, nous avons pu assister à la diffusion de fictions francaises toutes plus édulcorées et formatées les unes que les autres. Si cela a réussi aux diffuseurs jusqu’à maintenant, la tendance commence à s’inverser. A l’image des “Experts”, les séries américaines attirent une audience largement suffisante par rapport à leur coût d’acquisition alors que dans le même temps, les séries françaises ont bien du mal à atteindre leur objectif. La preuve par le ratage de “L’état de Grace”, l’échec des “Zygs” et de “Greco”, les performances plus que moyennes de "RIS" et la semi-déception de "Paris Enquête Criminelles".

Et si au lieu d’essayer de copier les succès américains, les diffuseurs français prenaient le pari de l’audace et de l’innovation, à l’instar des networks américains? Et si nos chaînes puisaient dans notre cinéma et notre littérature pour enfin tenir la dragée haute aux productions internationales.

Bien sur, ici où là, nous pouvons observer quelques belles initiatives tels que les contes de Maupassant diffusées récemment et qui a remporté une véritable adhésion chez le public. Mais cette politique est encore beaucoup trop timide et se limite le plus souvent à l’adaptation d’oeuvres littéraires en téléfilms ou mini-séries.

Si TF1 et consort veulent s’imposer durablement, ils doivent oser. Le cinéma français est l’un des plus riches au monde de part sa diversité et sa qualité. Voilà un formidable vecteur d’idées, de concepts et d’histoires bénéficiant d’une certaine “aura” et aptes à passer le cap de la télévision et de l’audimat.

Vous trouverez ci-dessous une liste de quelques films qui mériteraient à mes yeux une adaptation en série feuilletonnante avec entre parenthèse le ou les diffuseurs potentiels, suivi du pitch de la série:

- Le coeur des hommes, de Marc Esposito (France 2)
4 copains, 4 hommes au carrefour de leur vie qui vont s’épauler pour prendre la bonne direction.

- Hell, de Bruno Chiche (M6 ou Canal+)
Imaginez l’héroïne torturée d’"Angela, 15 ans" vivant dans un quartier digne de "Newport Beach".

- Le cousin, d'Alain Corneau (TF1 ou Canal+)
Les relations plus qu’ambigus entre un flic et son indic qui conduira à la chute de l’un des deux.

- L.627, de Bertrand Tavernier (France 2)
Le quotidien d’une brigade des STUPS qui doit faire face à la réalité d’une société livrée à elle même.

- Comme t y es belle!, de Lisa Azuelos (M6)
Sex in the city à Paris.

- Ca commence aujourd’hui, de Bertrand Tavernier (France 3)
Le directeur d’un lycée prestigeux est muté dans un lycée situé dans un quartier difficile.

mardi 22 mai 2007

TF1, un géant en mutation.

Une page se tourne. Nonce Paolini a été nommé aujourd'hui directeur général de TF1. 20 ans après sa privatisation, la première chaîne de France change en effet ses têtes dirigeantes: Patrick Le Lay ce mois ci et Etienne Mougeotte sur le départ avant la fin de l’année. Deux caractères, deux personnalités on ne peut plus complémentaires. L’un venant du BTP avec une culture d’ingénieur, l’autre ayant fait ses armes à la radio et à l’aise avec la culture des saltimbanques. Former un tel couple pour diriger TF1 fut un véritable pari pour Françis Bouygues. Mais un pari qui s’est révélé gagnant au fil des années et des parts de marchés gagnées. Aujourd’hui, TF1 s’est installé sur le trône de leader avec quelques 30% de parts de marché et 54% de parts de marché publicitaire.

La recette? Une maîtrise quasi parfaite de la programmation. A coup d’études marketing, TF1 a su adapter sa grille autour de la ménagère de moins de 50 ans, cible préférée des annonceurs. Le résultat est une domination sans partage deux décénnies. Vingt années durant lesquelles se sont enchaînées émissions paillettes, reality show, héros récurrents.

Mais TF1 fait face désormais à deux défis. Défis qu'elle doit remporter sous peine de se laisser distancer par ses concurrents internationaux: le numérique et l’international.

Depuis la vente de TPS, et l’abandon du bouquet gratuit reprenant les chaînes de la TNT, TF1 joue le rôle de suiveur dans la bataille du numérique. Les nouvelles chaînes de la TNT lui font perdre régulièrement des parts de marché et commencent à grignoter le marché publicitaire. La seule solution a été de racheter 30 % du groupe AB, fortement présent sur ce mode de diffusion. Mais il va lui falloir rationaliser son portefeuille de chaines afin qu’elles ne se cannibalisent pas. D’autre part, TF1 va devoir monter en puissance sur Internet, à l’image des networks américains. Gageons que la chaîne pourra tirer profit de la puissance de la marque “TF1”.

L’autre enjeu de ces prochaines années est l’international. Si le groupe TF1 règne sans partage sur le royaume france, il en est tout autre hors de nos frontières. L’entreprise a une taille largement inférieure par rapport à ses homologues européennes, la BBC, le groupe ProSiebenSat ou Mediaset. Face à un marché publicitaire français morose, il est impératif que TF1 puisse s’internationaliser afin de profiter de la croissance des zones les plus dynamiques telle que l’Europe de l’Est et diversifier ainsi son chiffre d'affaire.

En conclusion, après avoir créé et consolidé une base de profit très solide, TF1 doit trouver de nouveaux relais de croissance pour entrer de plein pied dans le 21ème siècle, celui de la convergence et de la mondialisation.

lundi 21 mai 2007

La rentrée US.

Une année se termine. A l’issue des Season-Finales, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que CBS reste en tête des networks avec 7,9 points d’audience, distançant son rival ABC qui affiche quant à lui une audience de 6,3 points. A égalité avec ABC, se trouve la FOX qui s’appuie sur le tryptique “American Idol - Prison Break/24 - House MD” puis suit NBC avec 5,8 points qui a connu une assez mauvaise saison avec l’ensemble ses programmes phares en sérieuse perte de vitesse, à l’exception du surprenant “Heroes”. Loin derrière, le tout nouveau network CW atteignant les 2,1 points d’audience et qui enchaîne les annulations de ses séries.

Dès septembre, les networks vont devoir non seulement remporter la bataille des audiences auprès des 18-49 ans pour s’assurer de confortables recettes publicitaires, mais également continuer à batailler pour dompter l’internet et être perçu comme un acteur incontournable sur ce nouveau média.

Il leur faudra d’une part, développer des fictions dont l’univers peut se décliner en toute cohérence sur Internet (à l’instar d’”Heroes”) afin de capter un public toujours plus versatile qui privilégie désormais le WEB face à la petite lucarne. D’autre part, mettre au centre de leur stratégie la VOD qui permet de s’adapter aux nouvelles habitudes de consommations et ainsi optimiser l’audience cumulée de leurs programmes.

Pour la rentrée, les principales chaînes misent principalement sur le fantastique et les “Daily Dramas”, séries qui mettent en avant les personnages dans leur quotidien.
Au niveau même des concepts, on assiste à la montrée des séries inspirées de franchises littéraires ou cinématographiques et donc à une convergence toujours plus accrue entre ces 3 médias/supports.

Voici une sélection des futures productions qui me semblent promises à un certain succès:

- Gossip Girl (CW). Adaptation du roman éponyme avec aux manettes Josh Schwartz, créateur de the O.C. Cette série met en scène de jeunes filles issues de la haute bourgeoisie new yorkaise dont leur vie est étalée par un corbeau.
Pourquoi cela peut marcher: Cette série est en parfaite adéquation avec la cible de CW, les jeunes filles de 12-18 ans. D’autre part, le talent de Josh Schwartz n’est plus à démontrer.

- The Sarah Connor Chronicles (FOX). Série dérivée de la saga des “Terminator”. Le drama suit les aventures de John et Sarah Connor aux prises avec les machines venues du futur pour les éliminer.
Pourquoi cela peut marcher : La série est basée sur une franchise à l’univers narratif riche, cohérent, et prenant. Le troisième volet au cinéma a connu un vif succès international et a permis à la franchise de prendre un nouvel élan.

-Bionic Woman (NBC). Le retour de la femme bionique après plus de vingt ans d’absence.
Pourquoi cela peut marcher : La série s’inscrit directement dans la mode de super héros lancée par “Heroes”.

- Private Practive (ABC). Spin off de Grey Anatomy.
Pourquoi cela peut marcher : ABC veut surfer sur l’immense succès de Greys Anatomy et mettra tout en oeuvre pour transformer cette fiction en nouvelle pépite de sa grille. La série bénéficiera du savoir faire des producteurs de son ainée. De plus, le premier épisode a rencontré une bonne audience lors de sa diffusion.

vendredi 18 mai 2007

La syndication, un impératif français.

A l’heure où le groupe NRJ s’apprête à lancer une chaîne locale à Montpellier, 7L TV, il m’est apparu judicieux d’aborder le thème de la Syndication.

La Syndication est un concept venu des Etats Unis consistant à vendre les droits de diffusion d’un programme à plusieurs chaînes locales. Ainsi, des jeux comme la roue de la fortune sont diffusés sur l’ensemble du territoire américain par l’intermédiaire de ces stations. Ce système de vente de droits fonctionnent également pour la fiction qui bénéficie d’une deuxième vie après une première diffusion sur l’un des cinq grands networks. En règle générale, il faut que la série télévisée atteignent le cap des 100 épisodes diffusées afin qu’elle soit achetée par les diffuseurs locaux qui peuvent ainsi la diffuser à un rythme quotidien.

Compte tenu du nombre de chaînes locales (plus de 8000 d’après la FCC) , la syndication est pour les majors américaines un marché clé qui permet d’amortir sur le temps les coûts de productions toujours plus élevés d’une série TV et donc de maximiser leur retour sur investissement.

En France, la situation est tout autre. Le marché des télévisions locales est encore largement embryonnaire. Les chaînes commencent tout juste à se développer grâce à l’attribution de nouvelles fréquences analogiques et numériques. D’autre part, l’information locale et régionale ainsi que les magazines et autres talks shows occupent une place prépondérante dans leur grille des programmes au détriment de la fiction. Toutefois, la tendance semble s’inverser. Pour la première fois, une dizaine de chaînes locales en France ont acquis par l’intermédiaire de la société Syn.tv les droits de diffusion de la série 24 heures chrono. Grâce à cet achat ces diffuseurs bénéficient d’un véritable produit d’appel vis à vis des téléspectateurs et des annonceurs nationaux, ce qui entraînera un accroissement des ressources et donc une capacité d’achat plus importante.

Cette dynamique ne devra pas ignorer la fiction française qui pourrait compter sur cet ensemble de chaînes locales comme un deuxième poumon financier. En effet, à l’heure d’une concurrence de plus en plus vive avec son homologue américaine, la production française se doit de mettre davantage de moyens sous peine de se voir rapidement déclasser dans les audiences. A l’heure actuelle, les chaînes du câble et du satellite ont, en raison de leur nombre, un poids économiques beaucoup trop faibles pour représenter un débouché non négligeable. La seule solution afin d’augmenter les ventes et par voie de conséquence le financement de la fiction nationale: d’une part s’adapter sur le marché mondial en adoptant massivement le format 52’ et pouvoir trouver de nouvelles sources de revenus sur le territoire français autres que le DVD et la VOD. La syndication, de part le développement du marché publicitaire local, représenterait justement un relais de croissance crédible et viable : un véritable marché pour les séries et téléfilms français naîtrait.